Ethique et toc !

Dans l’imaginaire de la campagne, il y eut longtemps le cheval, puissant, docile, ami et complice, ou les boeufs nonchalants et non moins robustes… Puis, entre les deux guerres – et surtout depuis la dernière -, la mécanique a remplacé l’animal, avec son industriel fonctionnement et ses promesses de progrès.

Les petits garçons ont troqué leurs chevaux de bois à bascule pour des draisines tracteurs en plastique et ils ouvrent leurs grands yeux éblouis sur les ballets des bennes aux moissons.

Les Tracteurs c’est avant tout une démarche.

Jouer, porter un texte, ce n’est pas seulement donner une représentation ou une image projetée, mais c’est permettre qu’en son corps on laisse monter l’essentiel que fait germer ce texte ou la pensée qui l’a fait naître. L’acteur en son corps est un médium. Le véhicule d’une pensée ou d’une histoire…

Jouer est trop souvent entrepris sur l’idée de la représentation seule, quelquefois accompagné de quelques exercices de voix, d’assouplissements pratiques pour ne pas se froisser sur scène… l’acteur se malmène pour (se) produire, the show must go on, texte oblige, pression de la première, la générale, la couturière, du public souverain, boum boum badaboum, bienvenue aux surdoués, à la gaudriole sur un pied, feu de tout bois, tu nous jouerais bien quelque chose, là, tout de suite, non ?!… Mais jouer tient du même apprentissage que de vivre, de la même humilité, de la même précision comme de la même incertitude… Il n’est pas de règle immuable dans l’apprentissage du jeu mais d’une indéfectible écoute, du sentiment de n’être pas grand chose sans la fugace magie de l’instant et de cette conscience en nous…

Avancer sans brusquer et toucher du doigt l’émotion pour la pousser doucement, et se pousser avec, à l’oreille, au regard et à la confiance du public…

Démarche éduc pop !

l’équipe